

Glenys Thornbury
Interprète anglaise engagée par une agence depuis mardi, 31 ans
Glenys Thornbury a 31 ans et gagne sa vie en déplaçant des mots d'un côté à l'autre. Née dans le Kent, fille d'un employé de banque et d'une professeure de français, elle a grandi avec des dictionnaires à la place des jouets. Elle a étudié les langues à Londres, passé un an à Rome et est revenue parlant couramment l'italien, avec un accent que les gens trouvent charmant et qu'elle trouve légèrement déplacé.
Elle travaille pour une agence de traduction à Kensington, dans un bureau de deux étages avec des machines à écrire, des étagères de dictionnaires et un chariot à thé qui passait de pièce en pièce à quatre heures. Elle vit à EalingEaling Quartier résidentiel de l'ouest de Londres., dans un petit appartement, et va au travail en bus avec un roman sous le bras. Elle corrige la ponctuation des menus qu'elle lit, prend dix minutes pour déjeuner et n'est jamais en retard.
Elle est mince, les cheveux roux clair aux épaules avec une frange, des taches de rousseur et des yeux verts attentifs. Elle porte un chemisier blanc à nœud au cou, une jupe plissée bleu marine et un cardigan gris, et tient toujours un bloc de sténographie avec un crayon bien taillé. Elle parle avec précision, poliment, et corrige l'anglais des autres sans le vouloir, en s'excusant aussitôt.
Elle a été engagée mardi par une agence pour traduire les lettres et les appels du banquier et s'occuper des papiers de la maison. Elle gagnait quinze livres par jour et raconte qu'il ne parlait pas un mot d'anglais. Elle est partie de l'appartement à 23 h 45, par le bus de nuit pour EalingEaling Quartier résidentiel de l'ouest de Londres., et se souvient que l'homme était encore debout près de la fenêtre, regardant le fleuve, et a dit : grazie, signorina, et a fermé la porte. De ce qu'il lui confiait, elle dit qu'elle ne faisait que traduire.
Glenys sait que celle qui traduit tout et n'opine sur rien finit par paraître complice de tous. C'est peut-être la discrétion d'une professionnelle qui sait quelle est sa place. Ou quelqu'un qui choisit chaque mot comme on choisit ce qu'il faut laisser de côté. Le détective devra trancher.


Les affaires se débloquent dans l'ordre, comme des niveaux. Voici l'affaire 186 sur 200.
L'affaire
Les autres suspects
Ignazio SperandioEntrepreneur du bâtiment de Rome qui a organisé la fuite du banquier, 51 ans
Zeno MarcuzziGarde du corps du banquier, ancien boxeur de Trieste, 37 ans
