

Maureen Bellamy
Responsable administrative de l'entrepôt, chargée du manifeste et de la paie, 46 ans
Maureen Bellamy a 46 ans et s'occupe depuis dix-neuf ans des papiers, des horaires et des gens de l'entrepôt de Carrow. Née à Croydon, fille d'un courtier d'assurances et d'une professeure de dactylographie, elle a étudié le secrétariat le soir et est entrée dans l'entreprise comme employée de bureau. Elle est aujourd'hui directrice administrative, responsable du manifeste et de la paie, et celui qui passe la porte du bureau sans frapper s'en repent vite.
Elle vit dans une maison de brique à Ealing, au salon aux rideaux de cretonne, avec un bureau toujours propre et un classeur d'acier où elle garde reçus, contrats et lettres, tous dans des chemises de couleur. Elle se lève à 6 h, se met de la laque devant le miroir du couloir, et laisse le journal de la veille plié sur son bureau. Elle aime dire que l'ordre est la seule forme de charité qu'elle pratique.
Elle est de taille moyenne et d'allure ferme, le visage anguleux, le maquillage soigné et les cheveux roux gonflés de laque. Elle porte de grandes lunettes à monture attachées à une chaînette, un tailleur jupe et blazer bleu marine à épaulettes, un chemisier blanc à nœud, et serre toujours son porte-bloc de papiers contre son bras. Efficace, cassante, elle contrôle papiers, horaires et gens, et n'aime pas être questionnée.
Sur l'entrepôt, elle raconte que le coffre attendait un million en pesetaspesetas Ancienne monnaie de l'Espagne, remplacée par l'euro en 2002., mais vendredi, à 19 h, sont arrivés 6 800 lingots d'or en route pour Hong Kong, devant repartir mardi, et que seuls elle, Nigel et le siège le savaient. Elle explique que l'entrée du personnel se fait avec une carte à la barrière du parking et la pointeuse à la guérite, et que la porte principale ne s'ouvre qu'avec une clé. Elle dit que, lundi, elle a vu Nigel compter 1 800 livres en billets de 50, tirés d'une enveloppe bien grosse.
Maureen sait que la directrice qui connaissait l'or avant tous est celle à qui l'on demande ce qu'elle savait. Quand le détective dit qu'elle a transmis le manifeste aux voleurs, elle serre son porte-bloc contre son bras et ordonne qu'il mesure ses mots : dix-neuf ans de papiers sans un centime de travers. Fierté d'une employée exemplaire, ou sécheresse en guise de clôture : le porte-bloc serré garde les deux.


Les affaires se débloquent dans l'ordre, comme des niveaux. Voici l'affaire 196 sur 200.
L'affaire
Les autres suspects
Nigel FairweatherChef d'équipe des gardiens, détenteur de la clé de la porte principale, 54 ans
Dennis LoftusGardien de l'équipe du matin, 31 ans
